Maison-écologique

Et le jardin ?

Sous le feu des projecteurs, le jardin se dévoile tout à coup comme la face cachée de la lune. Il devient mystérieux, grandiose et intime. Cette poésie nocturne est de plus en plus liée aux innovations technologiques.

Trop souvent « bricolé » dans la phase finale des travaux d’aménagement, l’éclairage du jardin devrait au contraire être pensé et conçu en priorité. A la clé : de sérieuses économies et des résultats encore plus séduisants. Pour accepter ces arguments encore faut-il être convaincu de l’intérêt de la lumière au jardin. Vous comprenez facilement l’utilité du balisage d’une allée, d’un escalier, d’une porte d’entrée. Vous ressentez moins, a priori, la nécessité d’illuminer un bel arbre ou de souligner le contour d’un massif… Ces jeux de lumière offrent pourtant un « plus » considérable : ils permettent de profiter doublement du jardin. S’ils sont envisagés dès le départ, leur installation le moment venu ne sera qu’un simple jeu d’enfant : il suffira de brancher et de fixer vos luminaires. En revanche, une installation tardive nécessite une nouvelle intervention de l’électricien sans compter le désagrément d’ouvrir des tranchées dans un jardin terminé et les obstacles tels que les dallages ou les haies… ou toute autre plantation.

Les étapes d’un bon plan

La représentation du réseau d’éclairage sur le papier permet d’évaluer les besoins, de répartir et de doser les zones de  lumière d’une manière « artistique » et de guider les travaux de l’électricien. Le plan d’éclairage doit être conçu pour l’ensemble du jardin, après le plan de plantation (répartition des massifs, des haies, des allées…). Quelles que soient les dimensions du terrain, il est important de distinguer les différentes zones d’éclairage : l’accueil et la circulation entre le portail et la mai-son, l’allée vers le garage, la terrasse, les massifs, les arbres et bosquets éloignés de la maison, le bassin… Cette distinction permet de jouer avec les ambiances : en éclairant le fond du jardin et en laissant enfin dans l’ombre les abords immédiats de la terrasse vous obtenez un effet de profondeur.

Autre effet : vous donnez un caractère plus intime à votre salle de repos si seul cet endroit est éclairé. Si votre aménage ment est bien conçu, il suffit de pianote avec les interrupteurs pour jouer ain5 avec les ambiances lumineuses. La position des sources lumineuses définir en tenant compte des besoins pro tiques : pour baliser une voie de circulation, il suffit de placer les luminaires ai début et à la fin du parcours, et au niveau des différents obstacles (escalier, change ment de direction). Pour mettre en valeur la façade de la maison, les spots sont disposés le plus près possible du murs orientés de bas en haut. Si vous les installez avec du recul, vous serez inévitable ment ébloui et n’aurez plus aucune vue possible sur le jardin depuis la terrasse ou les fenêtres de la maison. Ce principe est d’ailleurs à retenir pour tous les éclairage d’ambiance. Pour mettre en valeur un bel arbre, une statue, un treillage décoratif, une fontaine… : dirigez la lumière de bas en haut pour ne pas écraser le sujet à mettre en valeur, installez la source lumineuse le plus près possible de ce dernier pour ne pas l’éclairer mais le rendre lui-même lumineux. Prenez comme référence un projecteur pour diapositives. Au jardin, les objets, les arbres, les feuillages jouent le rôle d’écran. Un spot orienté vers le ciel ou un espace libre ne sert strictement à rien. Dans un
bassin par exemple, vous obtiendrez les meilleurs effets avec un spot immergé placé sous environ 30 cm d’eau et orienté vers une des parois, une cas-cade ou un jet d’eau. Les éclairages dirigés du haut vers le bas sont utiles essentiellement pour le coin repas, la gloriette ou la pergola, et le perron d’accueil.

Les commandes d’éclairage sont ensuite réparties de façon rationnelle. Pour les zones dites utilitaires, les interrupteurs avec va-et-vient doivent être placés à côté des accès. Vous pouvez également opter pour l’éclairage automatique en connectant le secteur d’accueil sur un programmateur inter-horaire ou sur une prise interrupteur crépusculaire. Cette dernière, dotée d’une cellule photo-électrique met en marche l’éclairage quand la lumière du jour décline et l’interrompt au petit matin. Elle permet de simuler une présence pendant l’absence des vacances .

Pour les lumières d’ambiance, il est préférable de regrouper les interrupteurs à la maison ou sur la terrasse. • L’intérêt du plan d’éclairage est enfin de pouvoir dialoguer sur de bonnes bases avec votre électricien. Pour le jardin, sachez qu’il est préférable de faire installer un tableau indépendant avec dis-joncteur différentiel de 30 milliampères. C’est une sécurité supplémentaire notamment pour le fonctionnement de tous les outils électriques de plein air (tondeuse, taille-haies…). Choisissez ensuite vos luminaires (même si l’achat n’est pas fait immédiatement). Ils conditionnent en effet le type de câbles électriques à passer. Les luminaires de classe 1 doivent être obligatoirement reliés à la terre. Pour ceux de classe 2 à double isolation, cette pré-caution est inutile. Votre électricien décidera lui-même de la section du câble, de nombreux paramètres intervenant dans chaque installation. Dans la plupart des cas, l’alimentation est faite en 220 volts. Et La basse tension (12 ou 24 volts) est plus marginale et réservée aux petits projets. Ses avantages : une sécurité totale (elle est obligatoire pour les spots immergés des bassins) et la possibilité de creuser des tranchées peu profondes. Ses inconvénients : les câbles sont de gros diamètre et par conséquent plus coûteux qu’en 220 volts. Dans la plupart des cas, le passage des câbles pour l’éclairage du jardin a été négligé au moment de la construction. Il existe une solution intéressante évitant de casser, percer ou creuser la maçonnerie existante pour installer les interrupteurs : la télécommande par onde radia. Dans votre fauteuil, libre à vous de zapper de l’éclairage de l’allée, au jet du bassin en passant par l’illumination du bosquet.